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Comment s'habiller de façon éthique
Publié le 02-11-2020

Comment s’habiller de façon éthique ?

Après avoir écrit sur un bon nombre de pratiques éco-responsables, voici un article abordant les différentes manières de s’habiller de manière tout est étant responsable.
En effet, de nos jours l’industrie de la mode est devenue une des plus polluantes. En l’espace de 15 ans, la consommation de vêtements a doublée, alors que nous les conservons deux à trois fois moins longtemps. Aujourd’hui, c’est plus de 100 milliards de vêtements de d’accessoires qui sont vendus à travers le monde chaque année. Cela illustre le phénomène appelé « mode jetable » ou encore « fast fashion » dans lequel nous vivons.
Pour contrer cela, voici quelques astuces peuvent s’appliquer à tout le monde.

Quels sont les impacts négatifs de l’industrie du vêtement ?

Chaque année, plusieurs millions de tonnes de textile sont jetées. La surconsommation de vêtements à un impact considérable est malheureusement souvent insoupçonné par un grand nombre : matériaux utilisés, moyen de transport ou encore produits chimiques sont des facteurs qui font de cette industrie contribue énormément à la pollution environnementale.

Cette industrie présente de nombreux chiffres alarmants :

    • Production de gaz à effet de serre: L’industrie de la mode est la 5ème plus grosse émettrice de gaz à effet de serre du monde et participe donc fortement au réchauffement climatique. Toutes étapes confondues, elle émet chaque année 1,2 milliards de tonnes de gaz à effet de serre, soit plus que le trafic aérien et maritime mondial réunis ! Prenons pour exemple un simple jean. Comme l’explique l’ADEME, pour le créer nous avons besoin de coton. Celui-ci sera cultivé en Inde ou en Afrique, qui sera par la suite teint dans un autre pays, puis renvoyé en Asie pour la confection afin d’être finalement vendu en France. Un jean pourra donc parcourir jusqu’à 1,5 fois le tour de la terre pour terminer dans nos placards.
    • Culture du coton: Le coton correspond à environ 40% de la production textile mondiale. Sa culture est l’une des plus polluantes au monde. En effet, elle couvre 2,5% des surfaces cultivées au monde, mais surtout elle engloutit 25% des insecticides et 10% des herbicides selon l’OMS.
    • Consommation d’eau: L’eau est utilisée à toutes les étapes de la fabrication d’un vêtement. Que ce soit lors de la culture de la matière première, pour le nettoyage ou encore pour la teinture. Cela correspond à 4% de l’eau potable disponible dans le monde. Par exemple, la fabrication d’un jean demande entre 7000 à 10000 litres d’eau, soit l’équivalent de 285 douches.

Pour contrer cela, l’organisation Greenpeace a lancé une campagne qui visait à sensibiliser les acteurs majeurs de l’industrie textile afin qu’ils suppriment les produits chimiques utilisés. Elle avait été baptisée « Detox my fashion ». Vous pouvez voir les résultats de cette campagne ici.
Voici quelques visuels réalisés lors de cette campagne.

Detox my fashion - ZARA

L’effet de fast fashion, désastre écologique

Le phénomène de fast fashion est apparu dans les années 90 qui s’est vu être popularisé par les grandes chaines telles que H&M, Zara ou encore Bershka. Par la suite, l’arrivée d’internet et de nouveaux réseaux n’a fait qu’accélérer ce phénomène tandis que le marketing a renforcé son expansion.
L’idée de fast fashion est rendre de accessible au grand public des micros-tendances aperçues lors de défilés, produites rapidement et à bas cout.
Cela se caractérise par le fait de ne plus produire uniquement des collections printemps/été et automne/hiver, mais d’inonder le marché avec des nouveautés mensuelles voir hebdomadaires.

Selon une étude du collectif « The environmental price of fast fashion » parue au printemps dernier, le nombre de vêtements achetés chaque année à augmenté de 40% par rapport au début des années 2000 en Europe. De plus, ils expliquent que ces 40% correspondent aussi à la réduction du nombre de fois ou un même vêtement est porté.
D’après eux, ce chiffre est encore plus frappant au Royaume-Uni. En effet, en 1975 chaque Britannique achetait environ 5,9 kilos de vêtement alors qu’il en consomme aujourd’hui 26,7 kilos !
Au niveau mondial, la consommation moyenne était de 13 kilos en 2019.

Ce phénomène est amplifié par de nouvelles pratiques qui poussent à consommer. Nous pouvons désormais acheter sur internet en quelques clics ou swipe, mais aussi d’être livré en quelques jours ou heures. Le consommateur peut aussi commander en ligne sans avoir un doute quant à la taille, il a maintenant la possibilité de pouvoir renvoyer sa commande sans frais supplémentaires.
Toutes ces innovations font que la fast fashion augmente de 2% chaque année.

Comment s’habiller de façon responsable ?

Modifier ses habitudes de consommation en termes de mode peut sembler complexe. Nous avons généralement nos marques préférées, un budget pas forcément conséquent consacré à l’achat de vêtement et puis on ne sait pas forcément comment acheter des habilles éthiques.
Cet article est là pour guider ceux qui souhaitent entreprendre cette démarche, en abordant différents sujets, à commencer par les matières à privilégier.

Moins consommer

La première étape est de moins acheter de vêtements. Même si cela n’est pas toujours facile à cause des offres spéciales tout a long de l’année comme les soldes, le black Friday, les ventes privées…, c’est une étape primordiale pour contrer l’augmentation de la pollution générée par le secteur de la mode.
Cela ne veut pas dire de ne plus acheter du tout, mais simplement d’acheter des choses dont on a vraiment besoin, et surtout de les acheter de bonne qualité pour l’environnement mais aussi pour nous. Voici quelques critères importants :

  • Choisir des marques durables,
  • Choisir des matières écologiques,
  • Privilégier l’achat en boutique plutôt que sur internet.

Bien sûr les prix sont plus élevés que les enseignes de fast fashion mais l’idée est de consommer moins mais mieux.

Choisir des matières écologiques

La majorité des vêtements confectionnés par les grandes marques sont à base de matières végétales, animales ou encore chimiques. Il en existe aussi qui utilisent de la fibre synthétique, qui n’est autre que du pétrole.
Cependant, il existe un grand nombre de fibres naturelles.

Le coton bio

Coton bio

Comme expliqué plus haut dans cet article, le coton est la fibre textile la plus utilisée dans le monde.
Sa version bio ne nécessite pas l’utilisation d’OGM, de pesticide ni de produit chimique. Il a aussi la particularité d’être plus doux et il est anallergique (ne provoque aucune allergie).
Enfin, sa culture est bien moins demandeuse d’eau.
Peu cher, nous pouvons le retrouver facilement dans le commerce.

Le chanvre

Le chanvre bio est une matière prisée dans le textile écologique pour ses fibres pures et naturelles.
En effet, cette fibre qui provient de l’extérieur de la tige du chanvre est la plus résistante de la nature. C’est pourquoi elle est utilisée depuis des millénaires pour la conception de toutes sortes de tissus.
Elle ne s’étend pas, elle a le taux d’élongation le plus faible des fibres végétales. De plus, les vêtements en chanvre ne se détendent pas et ne rétrécissent pas au lavage. En soit, ils gardent la même forme toute leur vie.

Le lin

Lin

Le lin est une fibre naturelle très écologique puisqu’elle ne demande que très peu d’eau et aucun produit chimique. Cette matière est produite à 80% en Europe et principalement dans l’hexagone.
C’est pourquoi nous pouvons retrouver de nombreux vêtements en lin made in France. Cependant, le lin ne représente que 1% des fibres textiles utilisées dans le monde.
Enfin, cette fibre possède de nombreux avantages : biodégradable, anallergique, légère, résistante et isolante.

Le cuir végétal

L’expression « cuir végétal » est contradictoire. C’est-à-dire que c’est toujours une peau animale. La partie végétale concerne le tannage.
Le tannage du cuir consiste à transformer les peaux animales en cuir via un traitement chimique afin de le rendre notamment plus résistant et souple. Ce tannage peut être réalisé d’une manière classique en utilisant des produits polluants (métaux lourds, chrome) qui sont souvent rejetés dans les cours d’eau, ou d’une manière dites végétale en utilisant des actifs végétaux comme des écorces d’arbres.
Ce dernier est actuellement en plein essor et révolutionne le monde de la mode.

Le lyocell

Le lyocell est une fibre textile issue de pulpe de bois, principalement d’eucalyptus asiatique. Découverte en 1980, elle revient actuellement énormément sur le devant de la scène.
Le solvant nécessaire à sa fabrication n’est ni nocif, ni polluant et sa matière est eco-friendly. L’eucalyptus dont il provient a besoin de 80% moins d’eau que le coton.
Le lyocell est environ 50% plus absorbant que la laine et il est plus doux que le lin et la soie.

La fibre ingeo

Cette matière 100% naturelle de la famille des fibres synthétiques est issue de la transformation de la graine de maïs. En effet, elle est obtenue via un processus de fermentation, de distillation et de polymérisation du sucre de maïs.
Cette fibre bio-compostable provoque moins de rejet de CO2. Elle possède de nombreux atouts :

  • Anti-acarien,
  • Absorbante,
  • Hypoallergénique,
  • Régulatrice de température
  • Résistante.

La fibre d’ortie

Nous connaissons tous les nombreuses vertus de l’ortie dans différents domaines. En textile, la fibre d’ortie est a longtemps primée, au Moyen-Âge, pour son excellente qualité pour fabriquer des cordes et des toiles.
Aujourd’hui, elle est aussi réputée pour son isolation thermique. De plus, la culture d’orties ne nécessite aucun phytosanitaire car c’est une plante vivace.

Louer plutôt qu’acheter ?

Être au top de la tendance sous gaspiller ses économies c’est possible. En effet, de nombreux sites et applications permettent aujourd’hui de louer ses vêtements ! C’est une nouvelle façon de consommer la mode qui séduit de plus en plus de monde par son aspect économique et surtout éco-friendly.

Apparu en 2010 aux Etats-Unis, le concept de la location de vêtements et d’accessoires explose.
A l’image de la location d’un costume pour Halloween, vous pouvez désormais, par exemple, louer une robe de mariée.
Cela peut aussi vous permettre de changer souvent de vêtements sans dépenser énormément d’argent.

Pour cela, voici 3 plateformes spécialisées :

  • Le Closet: Une fois votre wish-list faites, un styliste établit un vestiaire sur mesure pour vous, que vous pouvez modifier ou valider. Les frais de pressing sont compris dans le prix de l’abonnement, et vous pouvez acheter vos coups de cœur à prix intéressant.
  • Panoply : Vous pouvez ici choisir un abonnement mensuel ou une location ponctuelle parmi les 3000 références et 40 marques présentes sur le site. Le petit plus : avoir une conversation avec un conseiller suivi de propositions virtuelles puis essayage à domicile.
  • Une robe un soir: Vous l’aurez compris, ce site vous propose la location ponctuelle d’une robe de grande marque, mais pas que. En effet, vous pouvez aussi louer des bijoux, des sacs, etc… La durée de la location est comprise entre 4 et 8 jours.

Donner une seconde vie à ses vêtements

La mode éthique c’est le local, les matières naturelles, mais aussi le vintage et la seconde main !

Il existe aujourd’hui de nombreuses solutions pour recycler ses vêtements.
Il faut savoir qu’en France seulement ¼ des vêtements sont recyclés, même si ce chiffre a tendance à augmenter d’année en année.

Pourquoi recycler ses vêtements ?

N’importe quel vêtement qui traine depuis des années au fond d’un placard ou d’un tiroir à une valeur. Même si pour nous il ne vaut plus rien, il peut quand même être réparé ou réutilisé d’une manière différente.
Le laisser mourir dans un placard ou le jeter aux ordures, sans le recycler, c’est passer à côté d’un geste simple, altruiste et écologique.
En effet, en fonction de son état il pourra être utilisé de différentes manières : porté de nouveau, utilisé comme chiffon ou isolant, utilisé comme revêtement pour un fauteuil, etc…
Les solutions de recyclage sont nombreuses, ce serait dommage de s’en privé.

Raccommoder ses vêtements

Il nous arrive souvent d’abandonner un jean ou un t-shirt que nous avons malencontreusement abimé. Pourtant, il suffit souvent d’un rien pour lui redonner vie. Un petit bout de fil et une aiguille et le tour est joué dans la majorité des cas.
Si le trou est trop gros pour être recousu, vous pouvez utiliser des pièces afin de donner à votre vêtement un aspect vintage supplémentaire.

Vendre ses vêtements

Vendre ses vêtements d’occasion est aujourd’hui devenu très faciles grâce à de nombreuses possibilités qui s’offrent à nous.
En effet, les vendre est un moyen simple et efficace pour leur donner une seconde vie. Il existe de différents sites et applications reconnus dans ce domaine. En voici quelques-uns :

  • Vinted,
  • LeBoncoin,
  • Patatam (site spécialisé dans l’achet et la revente de vêtements enfant et femme),
  • Vide dressing.

Les réseaux sociaux sont aussi vecteurs de possibilité pour vendre. En deux clics il est possible de publier une annonce qui fera des heureux à tous les coups.

En plus des sites internet et applications, il est aussi possible de les vendre en physique. Participer à des vides dressing est de plus en plus à la mode, ou alors simplement en s’adressant à des trocs spécialisés ou à des friperies.

Donner ses vêtements

Logo des associations à qui donner ses vêtements non utilisés

Nous pouvons aussi aider les personnes démunies en donnant nos vêtements à des associations. Il existe de nombreux organismes qui réceptionnent les vêtements encore en bon état comme par exemple le Secours Populaire, Emmaüs ou encore la Croix Rouge.
Différents dépôts sont présents dans de nombreuses villes. Vos vêtements trouveront alors une seconde jeunesse dans les mains de personnes qui en ont besoin.

Donner via les bornes de collectes

Il existe depuis plusieurs années de nombreuses bornes de collecte qui vous permettent de déposer des vêtements. Qu’ils soient abîmés ou non, ils sont tous acceptés. Cependant quelques règles sont à respecter :

  • Les déposer propres,
  • Les déposer secs (sinon ils peuvent contaminer les autres vêtements),
  • Les chaussures sont attachées par paires,
  • Les déposer dans des sacs bien fermés.

Ces points d’apports volontaires (PAV) sont présents dans toute la France. Il y en a plus de 46000 ! Une fois les vêtements récupérés, ils sont réparés, réutilisés ou directement recyclés en fonction de leur état. Voici les chiffres fournis par l’organisme en charge de ces collectes :

Chiffres points d'apport

Vous pouvez retrouver tous les points de collectes sur leur site internet.

Transformer ses vêtements usagers

Il arrive parfois que nos vêtements ne soient ni raccommodables, ni revendables. Dans ce cas-là, vous pouvez les réutiliser afin de les transformer ou d’utiliser leur matière pour personnaliser un accessoire.
Il existe pour cela de nombreux DIY sur internet. Par exemple réutiliser un jean pour couvrir un vieux fauteuil, ou encore transformer une ancienne chemise masculine pour en faire un haut féminin.

Transformer un vieux vêtement
Elliot

J’aime traiter les sujets qui touchent à l’environnement.
Informer les lecteurs sur les différentes actualités, les astuces ou encore les bonnes pratiques pour essayer de sensibiliser le plus possible.

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